
L’installation d’un chauffe-eau thermodynamique coûte en moyenne 3 000 € pose comprise (environ 2 550 € de matériel + 450 € de main-d’œuvre) et doit être réalisée par un professionnel RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) pour ouvrir droit aux aides. Le vrai risque n’est pas le ballon lui-même mais les gaines aérauliques Ø160 mm qui traversent vos combles ou votre toiture : mal posées, elles créent ponts thermiques, condensation et infiltrations. Un modèle monobloc sur air ambiant exige un local non chauffé d’au moins 20 m³ (garage, buanderie).
En bref
- Volume minimal : 20 m³ d’air pour un modèle monobloc sur air ambiant, sinon raccordement sur air extérieur obligatoire.
- Le point faible, c’est la toiture : les gaines Ø160 qui percent le toit doivent être étanchées (collerette plomb ou EPDM) et calorifugées, sous peine de fuites et de condensation.
- Budget : 2 000 à 3 500 € pour un monobloc, 3 000 à 5 000 € pour un split ou air extrait, hors travaux de toiture (250 à 600 € par traversée).
- Pas de bricolage : le raccordement frigorifique/électrique relève d’un installateur RGE, et la traversée de toit d’un couvreur sous garantie décennale.
- Performance : COP de 2,5 à 3,5, soit 50 à 70 % d’économie sur l’eau chaude, à condition que combles et gaines ne sabordent pas le rendement.
Quelles sont les conditions pour installer un chauffe-eau thermodynamique chez vous ?
Un chauffe-eau thermodynamique (CET) sur air ambiant exige un local non chauffé d’au moins 20 m³, car il puise ses calories dans l’air de la pièce. Le volume typique : un garage, une buanderie ou une cave. En dessous, l’appareil manque d’air et plonge le local dans le froid.
La température du local doit idéalement rester entre 5 et 35 °C. En dessous de 5 °C, le rendement s’effondre et le compresseur bascule sur sa résistance électrique d’appoint : autant dire que vous retombez sur la facture d’un cumulus classique. C’est précisément le piège d’un garage mal isolé.
- Volume : 20 m³ minimum pour un monobloc sur air ambiant.
- Température : 5 à 35 °C toute l’année dans le local.
- Évacuation des condensats : un siphon vers les eaux usées, jusqu’à 0,25 L/h à évacuer.
- Alimentation : prise électrique dédiée et arrivée/sortie d’eau à proximité.
Et si votre local est trop petit ou mal isolé ? Vous passez sur un CET à air extérieur (gaines débouchant dehors ou unité split), ce qui préserve votre confort mais impose des traversées de paroi ou de toiture étanches. C’est là que mon métier de zingueur entre en jeu.
Pourquoi les gaines aérauliques Ø160 qui traversent combles ou toiture sont le point sensible à surveiller ?
Parce qu’un CET sur air extérieur ou air extrait nécessite des gaines en Ø160 mm : une d’admission, une de rejet, soit potentiellement deux traversées de toiture ou de paroi. Chaque percement non étanché est une porte ouverte à l’eau de pluie. En 25 ans de métier, c’est le défaut que je retrouve le plus souvent après coup.
Le problème est double. D’abord l’étanchéité : la traversée relève du DTU 40 (document technique des travaux de couverture), qui impose une sortie de toit avec collerette plomb ou embase EPDM adaptée à la pente, comme pour une pose de fenêtre de toit. Ensuite la thermique : l’air rejeté par un CET est 5 à 10 °C plus froid que l’air aspiré, ce qui crée de la condensation sur une gaine non isolée.
Je le dis sans détour : une traversée de toit bâclée tient moins de 5 ans avant les premières infiltrations, contre 20 à 30 ans pour une pose conforme. La charpente et l’écran sous-toiture paient toujours l’addition, et bien plus cher que la traversée elle-même.
Les gaines doivent être calorifugées avec un isolant de 25 à 50 mm (laine minérale ou mousse élastomère) dès qu’elles traversent un volume non chauffé, comme l’exige le DTU 68.3 (ventilation mécanique). Les jonctions sont rendues étanches à l’air. Sans cela, la paroi froide ruisselle et humidifie l’isolant des combles. Pour aller plus loin sur la performance énergétique et l’isolation des combles, l’ADEME publie des guides détaillés.
| Solution de traversée | Avantage | Idéal pour |
|---|---|---|
| Collerette plomb | S’adapte parfaitement, grande durée de vie | Couverture en tuiles |
| Embase EPDM | Pose rapide, tolère les pentes variées | Bac acier, pentes atypiques |
| Gaine simple peau | Moins chère | À éviter en comble (condensation) |
| Gaine calorifugée | Supprime condensation et pertes | Tout volume non chauffé (+10 à 20 €/ml) |

Combien coûte vraiment l’installation d’un chauffe-eau thermodynamique (matériel + pose + aides) ?
Comptez 3 000 € en moyenne pour un modèle monobloc posé (environ 2 550 € de matériel, 450 € de main-d’œuvre), hors travaux de toiture spécifiques. Un modèle split ou sur air extrait grimpe à 3 000 à 5 000 €, car il impose percements et gaines isolées. Les aides peuvent réduire sensiblement cette facture.
Ce que facture spécifiquement le couvreur, c’est la partie bâti : le percement, le solin ou la collerette d’étanchéité, et l’isolation des gaines. Ces postes sont souvent oubliés dans les devis d’installateurs, qui s’arrêtent au raccordement. C’est pourtant ce qui protège votre toiture dans la durée.
| Poste | Prix indicatif 2024-2025 |
|---|---|
| CET monobloc air ambiant (200-270 L) | 2 000 à 3 500 € pose comprise |
| CET split / air extrait | 3 000 à 5 000 € pose comprise |
| Traversée de toiture étanche Ø160 (sortie + collerette) | 250 à 600 € par traversée |
| Calorifugeage gaine isolée Ø160 en combles | 25 à 50 €/ml |
| Renforcement isolation combles avant pose | 20 à 50 €/m² |
Pour bénéficier de MaPrimeRénov’ ou de la TVA à 5,5 %, l’installateur doit être certifié RGE (QualiPAC ou équivalent) et le CET doit respecter un COP minimal selon la norme EN 16147. Les montants d’aide varient selon vos revenus et le gain énergétique : consultez les aides pour l’installation d’un chauffe-eau thermodynamique et estimez votre budget avec notre simulateur d’aides toiture. Renseignez-vous avant de signer, pas après.
Peut-on l’installer soi-même ou faut-il un professionnel RGE ?
Non, on ne pose pas un CET soi-même si l’on veut les aides : la certification RGE de l’installateur est obligatoire pour MaPrimeRénov’ et la TVA réduite. Au-delà de l’argent, deux parties du chantier engagent des responsabilités lourdes qui ne pardonnent pas l’amateurisme.
Le raccordement frigorifique et électrique relève d’un installateur RGE : une erreur de mise en service ou de raccordement hydraulique sur le groupe de sécurité, et vous perdez la garantie fabricant. La traversée de toiture, elle, relève du couvreur et engage sa garantie décennale (loi Spinetta, article 1792 du Code civil).
- Installateur RGE : mise en service, raccordement électrique et frigorifique, groupe de sécurité.
- Couvreur : percement, sortie de toit étanche, solin, calorifugeage des gaines.
- Garanties : décennale sur la couverture, biennale (2 ans) sur le ballon et la PAC.
Chacun son métier. Je sécurise la traversée et l’isolation du réseau, je ne touche jamais au circuit frigorifique, et un installateur avisé ne perce pas votre toit sans un couvreur. Les deux corps d’état se complètent.
CET dans un garage ou en combles : comment éviter condensation et perte de rendement ?
La règle d’or : diagnostiquer l’isolation du local avant la pose. Un comble ou un garage mal isolé sabote le COP et génère de l’humidité sur la charpente. L’air rejeté, plus froid de 5 à 10 °C, refroidit un volume non isolé et condense sur les parois. Dans bien des cas, une isolation des combles préalable change tout.
Trois réflexes font toute la différence. Calorifugez systématiquement les gaines Ø160 et rendez les jonctions étanches à l’air. Soignez l’évacuation des condensats avec un siphon et une pente suffisante, jusqu’à 0,25 L/h, soit plusieurs litres par jour. Et vérifiez l’état de l’écran sous-toiture avant de percer.
Avertissement terrain : ne percez jamais une toiture au-dessus d’un bois déjà fragilisé ou d’un écran sous-toiture abîmé. Le contrôle de la charpente autour de la future traversée coûte quelques dizaines d’euros ; refaire une sablière pourrie en coûte plusieurs milliers.
Et si votre garage descend sous 5 °C en hiver ? Privilégiez alors un CET sur air extérieur (split ou gaines débouchant dehors) plutôt que sur air ambiant. Vous évitez de refroidir le volume et de faire basculer l’appareil sur sa résistance électrique, qui annule toute l’économie attendue.
FAQ
Quelles sont les conditions pour installer un chauffe-eau thermodynamique ?
Il faut un local non chauffé d’au moins 20 m³ pour un modèle sur air ambiant, avec une température comprise entre 5 et 35 °C toute l’année. Une évacuation des condensats par siphon, une alimentation électrique dédiée et une arrivée d’eau sont également indispensables. Sinon, optez pour un modèle sur air extérieur.
Quels sont les inconvénients d’un ballon thermodynamique ?
Il refroidit le local où il est installé (air rejeté 5 à 10 °C plus froid), produit jusqu’à 0,25 L de condensat par heure à évacuer, et son rendement chute sous 5 °C. Mal posé, il génère de la condensation sur les gaines et la charpente. Il reste plus bruyant qu’un cumulus classique.
Est-il possible d’installer soi-même un chauffe-eau thermodynamique ?
Techniquement oui, mais vous perdez MaPrimeRénov’ et la TVA à 5,5 %, réservées aux installateurs certifiés RGE. Surtout, le raccordement frigorifique et la traversée de toiture engagent des responsabilités lourdes : une fuite ou une erreur de mise en service annule les garanties. Mieux vaut confier ces deux postes à des professionnels.
Quel prix pour installer un chauffe-eau thermodynamique ?
Comptez environ 3 000 € pour un modèle monobloc posé (2 550 € de matériel, 450 € de main-d’œuvre), et 3 000 à 5 000 € pour un split ou air extrait. Ajoutez 250 à 600 € par traversée de toiture étanche et 25 à 50 €/ml pour le calorifugeage des gaines en combles.
Peut-on installer un chauffe-eau thermodynamique dans un garage non chauffé ?
Oui, à condition que le garage fasse au moins 20 m³ et ne descende pas sous 5 °C en hiver, sinon le rendement s’effondre. Vérifiez l’isolation au préalable et prévoyez une évacuation des condensats. Dans un garage trop froid, préférez un modèle sur air extérieur pour éviter de refroidir encore le volume.
Naveri Stewart, artisan couvreur-zingueur basé dans le Valenciennois, 25 ans d’expérience en toiture et traitement d’étanchéité des traversées de toit.



